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Thèse
La privatisation et ses contestataires : réformes et conflits dans les politiques d’accès à l’eau potable à Carthagène, La Paz, Cochabamba et Campo Grande, 1980-2010
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Notice détaillée
Auteur
Titre
La privatisation et ses contestataires : réformes et conflits dans les politiques d’accès à l’eau potable à Carthagène, La Paz, Cochabamba et Campo Grande, 1980-2010
Éditeur
Description
1 vol. (802 p.) ; ill., cartes ; 30 cm
Notes
Bibliogr. p. 725-770
Note de thèse
Thèse de doctorat : Science politique. Amérique latine : Paris, Institut d'études politiques : 2012
N° national de thèse
FR 2012IEPP0071
Collaborateurs
Variantes de titres
Privatization and its discontents : reforms and conflicts in water access policy in Cartagena, La Paz, Cochabamba and Campo Grande, 1980-2010 eng
Sujets
Classification Dewey
320.6
Résumé
Les grands contrats de privatisation des services d’eau, signés en Amérique Latine durant les années 1990, ont connu des trajectoires contrastées. Certains arrangements se sont consolidés, d’autres, en revanche, ont été remis en cause au terme de mobilisations sociales de grande ampleur. Ces divergences s’expliquent mal à l’aide des théories existantes qui, ou bien postulent l’efficacité supérieure des acteurs privés, ou bien soulignent leur rapacité. En comparant systématiquement les réactions sociales aux privatisations dans quatre villes d’Amérique Latine, cette recherche montre que l’acceptation sociale des privatisations a été déterminée par le degré de concentration des pouvoirs au niveau sectoriel. Une forte dispersion des pouvoirs a en effet contraint les réformateurs à réformer graduellement, par superposition institutionnelle. Ce type de changement a favorisé la compensation des perdants politiques et économiques, et l’obscurcissement du sens des réformes aux yeux des opposants « de principe ». A l’inverse, la faiblesse des acteurs de veto en Colombie a encouragé les néolibéraux à réformer par remplacement institutionnel, infligeant des pertes brutales à de nouveaux acteurs, et dramatisant les enjeux aux yeux des opposants de principe. Cette comparaison de quatre réformes institutionnelles insiste sur le caractère multidimensionnel des politiques néolibérales. Elle met également en évidence une stratégie, plus ou moins contestée, de construction de l’Etat par le néolibéralisme en Amérique Latine. Elle montre, enfin, combien la dispersion des pouvoirs et l’étirement temporal de l’action publique entravent l’imputabilité démocratique des décisions.
During the 1990s, many Latin American Countries set out to privatize their water utilities, which eventually triggered sharply contrasting social reactions. Some arrangements proved to be socially acceptable and lasted. Others were interrupted following massive social unrest. These diverging outcomes are poorly explained by existing theories, which either assume the superior efficiency of the private sector, or insist on its rapacity. By comparing social reactions to privatization in four Latin American cities, this work argues that social attitudes to privatisation are best explained by the degree of power concentration throughout the policy process. When power was highly dispersed, such as in Colombia and Brazil, policy makers were forced to reform gradually through institutional layering. This type of change allowed for a better compensation of economic and political losers, and also obscured the real meaning and scope of on-going reforms in the eyes of “principled” opponents. Conversely, the weakness of veto players in Bolivia emboldened neoliberal policy-makers to reform through abrupt institutional replacement. Privatization therefore inflicted unmitigated losses to various actors and focused the mind of principled opponents, which eventually prompted a backlash. This comparison of four institutional reforms highlights the multidimensionality of neoliberal policies. It also uncovers a strategy, more or less resisted, of State-building through neoliberalism in Latin America. It finally shows how power dispersion and long causal chains undermine the democratic accountability of public policies.
Origine de la notice
Abes (SUDOC)
 

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